Une somptueuse maison meublée de polystyrène usagé

Une somptueuse maison meublée de polystyrène usagé

12 juillet 2022 0 Par admin

Léger, imputrescible, résistant, susceptible de prendre toutes les formes possibles… Le polystyrène est un matériau phare de notre quotidien : invisible quand il allège le cœur d’un objet, visible lorsqu’il protège les appareils électroménagers dans leurs emballages. Un matériau devenu aussi indispensable que nocif pour l’environnement.

C’est le constat qu’a fait le designer Savvas Laz en 2017 à son retour en Grèce après des études à l’étranger. Alors que la filière de recyclage y est peu (ou pas) généralisée et que les microbilles du polymère se délitent très rapidement pour finir dans l’océan, il décide d’utiliser ce matériau pour façonner le squelette de ses futurs meubles. « Le polystyrène étant très compliqué à recycler, je me suis mis en tête de l’utiliser tel quel. J’ai assemblé divers morceaux comme des briques de jeu de construction que j’ai ensuite « nappés » d’une résine composée de fibre de verre très rigide et résistante, utilisée notamment dans la fabrication des planches de surf. Une solution durable dans la lutte contre la surproduction, ce matériau de couverture étant très solide et pouvant être réparé », explique le designer, qui imagine alors toute une série d’objets qu’il baptise « Trashformers » (« anciens déchets », en vf).

Un geste qui compte

Suite à ce projet esthétiquement fort et original, la collectionneuse et mécène italienne Nicoletta Fiorucci repère Savvas Laz et décide de lui confier l’aménagement de sa Pink House, une villa conceptuelle et totalement fonctionnelle, située dans le port de Kastellórizo, une île grecque du Dodécanèse. Utilisant le procédé qu’il vient de développer, le designer y conçoit toute une gamme de mobilier sur mesure : lits, tables et placards… « Je crée des meubles à la carte, explique-t-il. Je n’ai aucune limite de dimensions, je peux combiner des morceaux de polystyrène à l’infini. »

Pour le reste de l’aménagement, il collabore avec des artisans locaux qui conçoivent des éléments maçonnés leur faisant écho. Aujourd’hui, le designer développe d’autres projets en Italie pour la même cliente. « Bien sûr, je ne change pas le monde, mais il me semble déjà important d’œuvrer simplement à mon échelle », conclut-il en poursuivant son travail dans son atelier athénien. Ses voisins l’ont bien compris et sont de plus en plus nombreux à lui apporter une matière première glanée au gré de leurs trouvailles.



Di Art

source